Être humain, c'est devenir visible
tout en portant ce qui est caché comme un cadeau pour les autres...
Vous n'êtes pas un hôte en détresse sur cette terre,
Vous n'êtes pas un accident parmi d'autres accidents
tu as été invité d'une autre nuit, plus grande encore.
que celle d'où vous venez d'émerger.

Actualités
Mon mot pour 2026
Jan 11 2026

Ma mère, Marie Stoltzfus, tenant son nouvel arrière-petit-enfant pendant les vacances de Noël.
La nouvelle année commence pendant la période liturgique de Noël, et je me suis attardé sur le récit de la Nativité. « La Parole est devenue chair et a habité parmi nous. » Dieu a tellement aimé le monde qu'il s'est fait homme.
Puis, retour au travail : j'ai participé à un séminaire pour présidents d'établissements d'enseignement supérieur privés. De nombreuses sessions étaient consacrées au potentiel transformateur de l'intelligence artificielle (IA). Il est vertigineux de concilier ces deux réalités : Dieu s'exprimant à travers un enfant, tandis que la créativité, le langage et l'imagination humains sont agrégés, abstraits et transformés en code informatique.
J'apprends avec enthousiasme et rapidité sur l'IA et sur la façon dont elle pourrait transformer positivement notre travail au Goshen College. Parallèlement, je souhaite mettre en lumière ce que signifie être humain. Au GC, nous suivons l'exemple de Jésus, Dieu incarné : né dans un corps, vivant parmi nous et subissant la mort physique.
Mon mot de l'année est humain.
Si Dieu a tant aimé le monde, alors l'humanité est un trésor à chérir. Qu'est-ce que cela pourrait signifier ?
Être humain, c'est accepter l'imperfection — en soi-même et chez les autres. Nos vies sont courtes, fragiles, interdépendantes et incarnées. Cette vulnérabilité profonde qui réside en chacun de nous est source de liens, d'amour, de désir et de créativité. Pendant les vacances, seize descendants du clan Stoltzfus se sont réunis avec mes parents, et durant ce temps, ma nièce a donné naissance à un bébé ! Notre famille réunie couvrait quatre générations, de l'âge d'un jour à celui de quatre-vingt-douze ans. Chaque personne, chaque corps, est particulièrement vulnérable et profondément interdépendante.
Être humain, c'est reconnaître que notre présence physique incarnée compte. Nous interagissons physiquement les uns avec les autres – dans les conversations, les cuisines, les salles de classe et les églises. Notre présence compte. Les êtres humains se ressentent, émotionnellement et corporellement. Dans un monde de plus en plus transactionnel, comment puis-je aborder chaque interaction humaine avec plus d'intention et de bienveillance ? Ne gaspillons pas le don de notre présence. Et surtout, que notre présence soit une source d'encouragement pour ceux que nous rencontrons.
Être humain, c'est revendiquer ce à quoi nous avons droit dans ce monde. Nous méritons d'être vus et entendus, d'être traités avec dignité, de créer et de nous exprimer, d'agir avec discernement moral, d'aimer et d'être aimés. Nos faiblesses, nos peurs et nos hontes peuvent devenir des portes vers l'épanouissement si nous vivons pleinement notre valeur intrinsèque. Comme l'écrit le poète David Whyte dans son poème : Que faut-il retenir au réveil ?:
Être humain, c'est faire l'expérience de la transcendance au-delà de soi. Un faucon n'atteint peut-être pas la transcendance en planant, mais nous, en le contemplant, en ressentant par empathie une vision élevée du monde. Les humains cultivent la transcendance par la contemplation, par un profond silence ou par l'émerveillement face à l'immensité ou à la beauté. Les astronautes décrivent avoir été profondément transformés par la vue de la Terre depuis l'espace, une expérience qu'ils appellent l'effet de perspective. Selon les mots de l'astronaute Ron Garan, « Nous sommes l'univers qui prend conscience de lui-même. »
Pourtant, il n’est pas nécessaire d’aller dans l’espace pour faire l’expérience de la transcendance. Nous pouvons la cultiver dans notre vie quotidienne, dans ce subtil changement de conscience qui révèle le caractère sacré de la vie et notre propre appartenance intime et indissociable à ce caractère sacré. L’écrivain et moine Thomas Merton a décrit un tel moment :
À Louisville, à l'angle de la Quatrième Rue et de Walnut, au cœur du quartier commerçant, j'ai soudain été submergé par la certitude que j'aimais tous ces gens, qu'ils étaient miens et que j'étais leur, que nous ne pouvions être étrangers les uns aux autres, même si nous étions de parfaits inconnus… Ce sentiment de libération d'une différence illusoire fut un tel soulagement, une telle joie, que j'ai failli éclater de rire… J'éprouve l'immense joie d'être un homme, membre d'une espèce en laquelle Dieu lui-même s'est incarné. Comme si les peines et les absurdités de la condition humaine pouvaient encore m'accabler, maintenant que je comprends ce que nous sommes tous. Et si seulement chacun pouvait le comprendre ! Mais cela ne s'explique pas. Il est impossible de dire aux gens qu'ils rayonnent tous comme le soleil.
Que 2026 soit une année où nous nous consacrons à l'humanisation de nous-mêmes et des autres, de manière riche et significative. C’est une grâce extraordinaire que d’être invités à vivre en chair et en os, à partager des relations et à reconnaître notre valeur intrinsèque durant ces quelques années. Chérissons notre humanité – en nous-mêmes et les uns envers les autres – et embrassons-la pleinement.
— Rebecca Stoltzfus
PS : Curieux de connaître mes mots de l'année précédente ? Vous pouvez lire ces articles ici :


